Répondant à la commande d'une école de théâtre, pour un atelier dit de "sortie", cet impromptu est nourri des rêveries espiègles dans lesquelles ne manque jamais de me plonger le "spectacle" d'une répétition de théâtre.


2000 | 13 acteurs : 7 femmes, 6 hommes.


L'idée d'un théâtre en abyme (ou d'un méta-théâtre), pour remâchée qu'elle puisse paraître, offre en la circonstance l'intérêt d'une méditation interrogative sur une pratique que de jeunes acteurs ont une tendance compréhensible à considérer comme "allant de soi". Je n'ai pour ma part, en matière d'enseignement, d'autre ambition que de transmettre un certain nombre d'interrogations.
La question du philosophe, "le théâtre est-il nécessaire ?" (Denis Guénoun), se double de l'inquiétude du poète : "que dit le théâtre?" (sous-entendu : que ne dise pas le spectacle du monde).
Cette façon de rhapsodie n'a donc été conçue que pour semer le trouble dans les esprits, et tient sa légitimité des circonstances singulières qui l'ont suscitée. On y lirait à tort un manifeste, on y guetterait en vain ce qu'on appelle une "pièce". Elle est à l'image de ces cartes postales de vacances, qu'on adresse de l'autre bout du monde à ceux qui travaillent — tant affectueuse que badine, passablement décousue, un rien perverse...
Elle n'en exprime pas moins et l'amour et le désarroi que m'inspire le théâtre, plus directement que je n'ai pour habitude de le faire — plus naïvement et fragilement, aussi (et c'est sans doute pour cela que j'ai aimé l'écrire).

Premières représentations : ENSATT, Lyon, mai 2000, atelier de sortie de la 59è promotion, direction Claudia Stavisky.

Inédit