| deux poèmes à souffler |

(pour la Cie des Souffleurs - 2011)

 

les souffleurs site

MEMENTO VIVERE

l'odeur du noir du sang du vent des pleurs
l'odeur de la matrice de la foule du large
odeur d'hospice odeur
de vin sur terre battue

l'odeur de la mer sous l'orage
de l'averse sur le foin chaud
odeur de fleurs de vase et de cadavre
l'odeur du temps
encaustique chien mouillé huile de vidange papier moisi
odeur
de vin noir de mer d'orage de foule matricielle battue
pot-pourri spectral
qui parle qui se tait
qui s'en va qui
revient

MEMENTO MORI

à portée de regard de sa table de travail
l'urne funéraire en terre cuite
offerte par une troupe madrilène qui portait à la scène une de ses pièces
l'urne était au nombre des accessoires et il l'avait trouvée très belle
je vais partir bientôt
lui dit un ami octogénaire entre deux verres de soave
il songe en prenant congé qu'il s'est lui-même toujours
vécu en perpétuelle partance
partance dénouant l'appartenance
tutelle étiquette discipline identité
partance souveraine du voyageur
immobile
s'évanouir et revenir oui venir
et revenir sans cesse
sourire des revenants sous la caresse du temps
l'âge n'existe pas
nous sommes toujours
à naître